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La dramédie continue...

September 25, 2015
Chroniques

Grande fan de celui qu’on appelle « le roi de la comédie » aux Etats-Unis, et à l’occasion de la sortie de la seconde saison de sa série Love, j’ai choisi de faire cette chronique sur la dramédie de Judd Apatow.  

LA DRAMÉDIE SELON JUDD APATOW

Réalisateur, scénariste et producteur américain, il a un style qui lui est propre, qui le rend facilement reconnaissable et qui ne plaît pas à tout le monde. Et s’il ne plaît pas à tout le monde, c’est probablement parce que son œuvre est au plus proche de la réalité, et qui aime se prendre la dureté de la vie en pleine face ? Quand on choisit de visionner une comédie, on part plutôt pour deux heures de fun et de divertissement. Or, Judd Apatow rentre dans le vif du sujet et utilise la comédie comme moyen de décrire la condition humaine, comme on peut le voir dans This is 40 (2012). Et puis, finalement, est-ce qu’il n’est pas mieux de raconter la réalité de nos vies à travers une comédie plutôt qu’un bon gros drame dans le pathos et duquel on ressort larmoyant ?

Bande-annonce de This is 40

 

Judd Apatow se pose comme témoin d’une époque et d’un monde. Et en l’occurrence, ceux de l’américain moyen. Son but : parler sincèrement de certains aspects de la vie, de la complexité de l’humain et des relations qu’il entretient. Pour se faire, il choisit un traitement cinématographique tout particulier : la dramédie, genre qui mélange drame et comédie. De cette façon, il explore des sujets sérieux de manière comique, tout en optant pour des séquences plus tragiques, plus pragmatiques, voire pessimistes. Mais la dramédie, c’est aussi le message d’espoir qui transparaît en fin de film. C’est le moyen parfait pour le réalisateur de The 40-year-old virgin (2005) d’assouvir son désir de rester au plus proche de la réalité. D’ailleurs, toute son œuvre suit l’évolution de sa propre vie. Il a commencé par une série sur des lycéens (Freaks & Geeks, 1999-2000), puis une autre sur des étudiants en université (Undeclared, 2001-2002). Ses films sont ensuite allés du jeune homme qui entre dans la vie adulte, doit prendre ses responsabilités, et doit ensuite gérer sa vie de famille et de couple malgré toutes les difficultés qui peuvent venir en chemin et sont inhérentes à la vie de chacun (Knocked-Up, 2007). En s’inspirant de sa propre vie et de celles de son entourage, Judd Apatow crée des histoires et des personnages auxquels tout le monde peut s’identifier à un moment ou à un autre. En alternant moments tristes et moments heureux avec la dramédie, il choisit de montrer que la vie n'est pas toute rose ou toute noire. On traverse des étapes tout au long de notre vie, on s’en relève et on en ressort changé.  

Comme Frank Capra faisait de la comédie sociale pour dénoncer les rapports de pouvoir et la lutte de classe, Judd Apatow utilise la dramédie comme un moyen de dénoncer les problèmes sociétaux face auxquels on se retrouve au quotidien. Sans qu’il s’agisse de grosses thématiques politiques, il s’intéresse aux petits détails de la vie, à ces événements que l’on considère comme normaux : les relations humaines, les conventions sociales, les idées reçues, et tout ce qui nous conditionne inconsciemment à entrer dans le moule que nous impose la société. Et avec Love (2016-), il développe un aspect qu’il connaît bien : celui des relations humaines.

Crédit photo © IMDB

LOVE

Love met en scène Mickey et Gus, deux jeunes trentenaires aux personnalités opposées mais qui finissent par se lier. Cette série a été créée et écrite en 2016 par Judd Apatow et Paul Rust (interprète de Gus). Elle présente Mickey (jouée par Gillian Jacobs, également vue dans Community et dans Girls) comme une jeune femme pleine d’addictions en tous genres, plutôt rebelle, qui a peu confiance en elle, se méfie et ne s’ouvre pas trop aux autres. Gus, quant à lui, est ce que l’on qualifie de geek, de nerd, au physique peu attractif, et à la personnalité un peu étrange. Bien sûr, ces deux personnages se rencontrent et une histoire finit par s’écrire.

Bande-annonce Love saison 1:

 

Ce que j’aime dans cette série c’est qu’elle surprend d’une façon unique. Parce qu’elle est plutôt associée au genre de la comédie romantique, dont on retrouve un peu le schéma, on s’attend à voir ces grandes scènes de déclarations d’amour, une alchimie immédiate, un élément perturbateur et un retour de flamme, et cetera. En fait, rien ne se passe comme il devrait dans une comédie romantique. Les deux auteurs créent la surprise en mettant en scène des événements anodins du quotidien et qu’on ne s’attend pas à voir sur écran. On y voit l’attente d’un texto, le jeu du chat et la souris, les quiproquos et malentendus, les gênes et les silences des premières rencontres... Et mine de rien, ça peut mettre mal à l’aise. Mais c’est ça la dramédie. C’est utiliser des moments du quotidien, les traiter avec du comique mais aussi du tragique, et en faire quelque chose d'hypnotisant qui tient en haleine.

Les saisons 1 et 2 sont sur Netflix, alors hop, on file découvrir cette série qui fait du bien !  

Crédit photo © IMDB

Fox

Quelques mots sur Fox : Non, elle n’a rien d’un renard, pas même les moustaches ! En revanche, elle a un petit penchant pour le cinéma américain (mais pas nécessairement les grosses productions qui ne cherchent qu’à faire du profit !). Pour elle, se plonger dans un film c’est s’évader mais aussi interroger le monde qui nous entoure et se questionner soi-même.

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