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Christopher Nolan

November 14, 2017
Les Grands du Cinéma

On parle souvent de blockbusters pour qualifier des films à gros budget, dont le scénario est relativement pauvre et souvent facile à deviner. Il est vrai qu’à Hollywood, l’argent a une certaine tendance à finir dans les effets spéciaux et l’histoire se retrouve mise en boule, chiffonnée et balancée dans le panier que l’on appelle poubelle, telle un ballon entre les mains de Stephen Curry. Heureusement, Christopher Nolan est passé maître dans l’art de donner tort à ces réflexions. Du budget, ça c’est sûr, ses films en ont mais on est loin des explosions survitaminées et des dialogues peu subtils. Nolan, son créneau, ce sont les films qui prennent le temps sans paraître lents, dont la noirceur et la confusion des personnages se mêlent aux interrogations des spectateurs.

Crédit photo © Hyperbole.es

C’est à la fin du film que, sans que l’on s’en soit aperçu pendant le visionnement, on remarque qu’il nous a amené exactement là où il le voulait. Et ce fameux « là » c’est souvent là où l’on n’a pas envie d’être mais d’où l’on n’a pas envie de partir non plus.

L’esprit vicieux du réalisateur-scénariste a décidé que nous n’aurions plus de répit, qu’il en soit ainsi ! Voldemort a la baguette de Sureau, Dark Vador a la force, le réalisateur d’Inception (2010), lui, a le cliffhanger . Cette fin qui ne se termine pas vraiment, celle durant laquelle on se dit « Non cela ne peut pas s’arrêter comme ça », celle qui nous pousse à taper frénétiquement les recherches les plus improbables sur Google pour trouver des réponses qui n’existent pas. Celles qui animent des débats entiers autour d’une seule question : EST-CE QUE LA TOUPIE VA S’ARRÊTER DE TOURNER ?

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Crédit photo © Wordpress.com

En parlant de toupie, (quelle transition me direz-vous) la boucle, particulièrement la boucle temporelle, est un thème des plus récurrents chez Nolan. On peut le voir dans son traitement du temps et de l’espace dans Interstellar (2014) par exemple, ou encore dans l’inversion du temps et le mélange entre début et fin dans Memento (2000) . Le réalisateur use des formes cinématographiques à sa disposition pour nous faire réfléchir, en nous posant des questions sans nous en donner les réponses. Chaque visionnement est alors sujet à découverte et redécouverte parce que l’avantage c’est que les films de Christopher Nolan se regardent, se re-regardent et se re-regardent encore (comme si on avait besoin d’une excuse pour ça !). Vous pouvez visionner 20 fois Memento, vous trouverez toujours un petit élément qui changera votre perception de l’histoire. Le diable est dans les détails, Nolan les utilise comme des aiguilles pour coudre son histoire.

Crédit photo © Mexpiratered

Pour la trilogie des Batman, c’est un peu différent mais au fond pas tant que ça. Notamment le fait que dans le premier volet Batman (2005) tue son maître Ra’s al Ghul mais c’est la fille de celui-ci qui représente un réel danger dans le dernier film de la trilogie. La boucle est bouclée. De plus, plein de petits détails s’insinuent entre les films pour donner des indices  à la fois sur le Batman et aussi sur les ennemis qu’il affronte. Sans compter que The Dark Knight (2008)  est, pour moi, un des meilleurs films (non animés) sur Batman qui ait été réalisé (on ne s’étendra pas sur la performance inégalable et inégalée de Heath Ledger, qui est de notoriété publique aujourd’hui).La grosse exception dans sa filmographie est son dernier film en date. En effet, Dunkerque (2017) n’est ni un thriller, ni un film policier, ni un film de science-fiction. Cependant, le traitement des personnages est le même que celui d’Inception, Le Prestige (2006) ou Following (1998) , les protagonistes cherchent à comprendre le monde qui les entourent et de ce fait à se comprendre eux-mêmes, à savoir de quoi ils sont capables en tant qu’humains dans des situations qui les dépassent.

Enfin, beaucoup de mots ne sauraient résumer un grand nombre d’images mais un coup d’œil à la filmographie de Christopher Nolan suffit pour se rendre compte que ce grand homme utilise son esprit de génie pour faire naître en nous cette inexplicable fascination pour des histoires alambiquées qui ne laissent personne indifférent.

Crédit photo © Discursoacido.files.wordpress.com

La marche à suivre quand l’un de ses films sort sur grand écran est donc la suivante : rendez-vous dans le cinéma le plus proche de chez vous, achetez un ticket, allez vous installer dans la salle et laissez le maître du suspens jouer avec votre capacité de réflexion. Vous n’en sortirez probablement pas indemne mais cela en vaut largement la peine. 

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