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Cinélatino 2019 : Carnet de bord

April 26, 2019
Cinélatino 2019

Vendredi 22 mars

Accreditation Cinélatino
© L'écran

Juliette : premier jour, premiers métrages (et punchs) ! Courts en l’occurrence, puisqu’il s’agit de l’inauguration en plein air Square Charles de Gaulle  ! Trois visionnés, deux animations peu à mon goût et Mamartuile, comédie géniale ! Hâte d’être à demain pour The Smiling Lombana et La Camarista.

Dolores : Je démarre sur les chapeaux de roue ma première journée de bénévole dans l’équipe de la plateforme pro ! Cette première journée de découvertes me donne quand même l’occasion d’aller boire un verre de (très bon) punch à La Cinémathèque, de profiter des concerts et de cette ambiance qui sent déjà l’été… Puis, direction le square Charles de Gaulle pour profiter de la projection des courts !



Projection courts métrage
© L'écran


Supertramp : On commence doucement ! Après avoir raté l’inauguration au Square Charles de Gaulles (avec plein de regrets ):) on fonce à l’American Cosmograph ! Premier film : Cómprame un Revólver. On m’a promis un semblant de Mad Max, et l’on ne m’a pas menti ! C’est très satisfaite que je ressors de ce premier film. Hâte de continuer !


Samedi 23 mars

Juliette : Visionnage de La Camarista, passage obligé pour préparer l’interview de la réalisatrice prévu dans la semaine. Le film me laisse un peu de marbre sur l’instant, et se révèle un peu plus riche avec le temps de la réflexion. Demain devrait être plus cinématographique avec Black Mother et Las niñas bien.

Dolores : Les Gilets Jaunes et la répression policière surtout ! On accueille au compte-gouttes les premiers invités du festival en leur conseillant de rester bien au chaud aujourd’hui… Les brésiliennes nous annoncent qu’elles ont l’habitude de se faire casser la gueule durant les manifs pour le droit à l’avortement, c’est “monnaie courante” paraît-il…

Supertramp : On a le temps de faire la grasse matinée puis on file à l’ABC pour le premier film que j’ai sélectionné : Los Reyes. Je n’ai pas l’habitude de regarder des documentaires au cinéma, mais l’histoire de ces deux chiens m’a vraiment intriguée… ça promet !



Capture de Los Reves
Capture de Los Reves


Après ça, j’ai réussi à me faufiler entre les Gilets Jaunes pour aller manger et visiter un ou deux musées (le beau temps oblige !). Mais aussitôt, je retourne à l’ABC pour la Camarista qui est tout bonnement génial ! On notera à quel point Lila Avilés (la réalisatrice) est absolument adorable… Journée préférée de ce festival !

Stella : Le festival démarre fort pour moi avec la découverte de La Camarista, quotidien d’une femme de chambre à Mexico. J’ai été impressionnée par la maîtrise de ce film, à la fois glaçant et émouvant, et chapeau aux acteurs qui parlent peu mais parviennent à exprimer beaucoup !




Dimanche 24 mars

Juliette : Salsa y cinema à La Cinémathèque. La danse m’appelle et seule ma conscience me rappelle que je suis là pour les films. C’est donc l’heure de voir Black Mother, documentaire sur la Jamaïque. Je n’attendais pas grand chose (le meilleur moyen de découvrir des pépites durant ce festival très riche et éclectique), j’ai été bousculée par ce film dont la bande sonore est détachée des images et qui mélange le trivial, l’intime et l’extraordinaire. Sortie de la séance épuisée, je remets La niñas bien à plus tard.



Photo de la cinémathèque
© L'écran


Listener : Premier jour de festival pour moi, marqué par la sauvagerie de Monos (Alejandro Landes, 2019) puis l’émotion tranquille de L’Extraordinaire Voyage de Céleste Garcia (Arturo Infante, 2018). Présenté par la productrice Claudia Calviño, invitée d’honneur du festival, le film ne m’a pas franchement convaincue, mais peut-être son charme opère-t-il surtout pour un public connaisseur de la culture ciné cubaine, touché par le retour de son actrice phare Maria Isabel Diaz (en Espagne depuis plusieurs années). Attirée par la promesse d’un film loufoque, je me suis trouvée frustrée par un récit somme toute assez conventionnel, dans lequel les sous-intrigues restent inabouties.

Dolores : Une projection enthousiasmante de mon côté, puisque j’ai pu découvrir Las niñas bien, un excellent film mexicain où une femme riche voit ses ambitions d’ascension sociale brisées par la crise financière des années 80 au Mexique. Le film débute sur un bonheur artificiel bling-bling, dont la brillance n’est que le reflet du vide existentiel de l’héroïne. La réalisation est très soignée, et l’actrice principale est magistrale. Premier film, premier coup de coeur !




Supertramp : Looongue journée aujourd’hui puisque j’enchaîne trois films dans trois cinémas différents ! Le premier est au Cratère (que décidément je ne trouve JAMAIS) : Chala, une enfance cubaine, film poignant qui évidemment m’a fait pleurer (je suis fragile). Pas le temps de se remettre de ses émotions, on fonce à l’ABC pour Matar A Jesús et là c’est un peu la douche froide puisque c’est le premier film que je n’aime pas dans ce festival (pas de “sélection dorée” pour moi cette année…). À peine vingt minutes de battement et j’arrive au Gaumont Wilson pour Temblores. (Dix minutes de queue plus tard) je rentre dans la salle ! Je ne vous dis rien sur ce film, mais je vous conseille fortement de le voir. Moi, je vais me coucher, parce que là je suis éreintée.


Lundi 25 mars

Dolores : Le rythme s’accélère au bureau, l’ambiance est électrique, grisante, et les fous rires nerveux ponctuent notre journée.

Je m’éclipse quelques heures pour découvrir Miriam miente, un joli portrait d’adolescente dans tous ses doutes, ses mensonges et son manque de confiance en elle. Le film aborde avec beaucoup de justesse la question du racisme dans les Caraïbes. Si j’ai été convaincue par l’interprétation de l’actrice et par la photographie soignée, je suis un peu déçue par le scénario qui possède quelques ficelles trop visibles, ainsi que par la réalisation qui manque de personnalité. Cela reste quand même un film globalement convaincant, et que je recommande !

Mardi 26 mars

Supertramp : Après une journée de cours bien remplie et une réunion six fois trop longue pour un festival, je vais voir le dernier film de ma sélection (je devais aussi voir Niña Errante mais la réunion a duré trop longtemps…). Bon... c’est pas la faute du film hein, mais j’ai piqué du nez une ou deux fois. Quelle idée aussi d’aller voir un film qui s’appelle Los Silencios (donc qui s’annonce calme) à 22h après une journée comme la mienne. Le film était super… mais j’ai peut-être raté deux ou trois scènes ! En tout cas c’est une fin de festival pour moi ! Et je suis ravie, je ne regrette absolument pas d’avoir laissé tomber la préparation de mes oraux pour Cinélatino.

Stella : Aujourd’hui avec Gracula nous rencontrons Lila Avilés, la réalisatrice mexicaine du très maîtrisé La Camarista. Interview en anglais, car notre espagnol laisse à désirer. On passe un super moment avec Lila, chaleureuse et pleine d’humour, à parler de chaos, d’absence et de féminisme. Puis on médite sur le temps que prendra la retranscription de ces trois quarts d’heure d’enregistrement… Mais ça valait le coup !




Rencontre avec Lila Aviles
© L'écran



Mercredi 27 mars

Dolores : Journée hyper chargée de mon côté, la plus importante de toutes : c’est la journée de Cinéma en Développement, la plateforme dédiée uniquement aux professionnels en déplacement pour le festival. Si je n’ai pas le droit pour des raisons de confidentialité de vous en dévoiler plus, sachez juste qu’il s’agit d’une journée intense où réalisateurs et producteurs rencontrent individuellement des vendeurs, distributeurs, script doctors et autres producteurs pour les aider à terminer leurs films… Épuisant mais ultra enrichissant !

Supertramp : J’avais prévu d’aller voir Los Tiburones aujourd’hui, mais la préparation de La Nuit du Cinéma m’appelait !

Jeudi 28 mars

Stella : Ce midi, je découvre un documentaire très dur, Le Grain et L’Ivraie, qui dénonce l’empire des pesticides de Monsanto, qui tuent, affaiblissent et détruisent les habitats des plus pauvres. Certaines images sont difficilement supportables, mais c’est néanmoins un film important de par la gravité de son sujet et le soin apporté à faire un portrait de la situation à différentes échelles (scientifiques, lobbys, consommateurs, populations intoxiquées, activistes…). Le soir, je rejoins Gracula au Cratère (j’adore ce cinéma en briques, même s’il est un peu loin du centre…) pour le documentaire Les morts ne veulent pas nager, itinéraire de deux réalisateurs français en Amazonie péruvienne, dont nous ferons une interview le lendemain.

Juliette : Le travail aura ma peau, mais je réussis à glisser une séance avec Stella. Je ressors déboussolée par ce film, qui me paraissait très obscur jusqu’à la séance de questions avec les réalisateurs. C’est foisonnant, chaque réponse amène d’autres problématiques, et la séance de préparation d’interview post-film avec Stella est riche. Un peu hâte d’être au lendemain pour cette interview qui s’annonce à la fois plus simple (les réalisateurs sont français et québécois déjà), et plus complexe (de part un film un peu fouilli et très fourni).



Vendredi 29 mars

Dolores : Deux séances pour moi aujourd’hui avec Los Tiburones et Jazmines en Lídice. Si Jazmines m’a charmée au point que je lui ai dédié un article, Los Tiburones m’a laissée de marbre. La faute peut-être à un portrait trop cliché de l’adolescence, à un rythme un peu lent qui n’atteint jamais l’état de grâce, ou à mon état de fatigue avancé qui a fait que je n’ai pas adhéré à l’histoire ? Toujours est-il que quand je compare Los Tiburones avec Miriam miente qui aborde les mêmes thèmes, je trouve le traitement de Miriam miente bien plus pertinent et mature que celui de Los Tiburones...

Stella : Ce matin on rencontre avec Gracula, Brigitte Bousquet et Marco Bentz, les deux réalisateurs de Les morts ne veulent pas nager. À la Cave Poésie, on discute plus d’une heure de leur périple en Amazonie, durant lequel ils ont été témoins des conditions de vie difficiles des populations natives du Pérou vivant au bord du fleuve. C’est tellement passionnant que je suis un peu déçue que le film ne constitue qu’une toute petite partie de tout ce matériel filmé (deux ans de rushes !), lesquels abordent notamment la place des femmes dans les communautés natives ou encore des entretiens avec des membres des multinationales pétrolières. L’après-midi, j’enchaîne avec Luciérnagas, errance d’un clandestin turc arrivant au Mexique. Les personnages sont vraiment beaux et attachants, malgré une fin très abrupte, laissant beaucoup de questions sans réponses. Pour finir, je découvre l’ovni de la sélection qu’est le documentaire Los Reyes, qui relève un double défi : faire un portrait des jeunes désœuvrés de Santiago sans jamais voir leurs visages, et créer une histoire émouvante avec pour sujets deux chiens. Pari plus que réussi !

Juliette : Je ressors de l’interview presque plus déboussolée que du film. Les sujets qui ont été évoqués, les pistes qui auraient pu être développées m’ont un peu emportée, et j’espère que quelque chose sera fait de tout ce matériel qui paraît fascinant. Le travail de retranscription sera plus simple puisqu’en français, mais plus long puisque nous restons plus d’une heure à discuter.



Rencontre avec Brigitte Bousquet et Marco Bentz
© L'écran


Samedi 30 mars

Dolores : La flemme (et peut-être aussi mon angine, qui sait) ont eu raison de ma volonté pour aller voir La Flor… J’avais pourtant payé le pass marathon et tout, mais impossible de me lever. J’ai honte d’avoir loupé cette occasion de voir ce film-fleuve immense, qui semble être un chef d’œuvre d’inventivité et d’originalité… Tant pis. Je me rattraperai avec un blu-ray / DVD, s’il est distribué en France !

Aujourd’hui reste LE grand jour, celui du palmarès ! Je suis un peu étonnée de voir Los Tiburones remporter le grand prix coup de cœur. Comme je vous l’ai dit au-dessus, il est loin de m’avoir marquée et je trouvais le traitement du sujet bien mieux abordé dans Miriam miente… J’ai dû passer à côté de quelque chose. Je suis ravie de voir que ce dernier remporte d’ailleurs le prix SFCC car c’est largement mérité ! Enfin, mon coup de cœur du festival, Las niñas bien, gagne le prix spécial du jury coup de cœur. Une belle récompense.



Cérémonie palmarès Cinélatino
© Mauricio BUSTAMANTE NARVÁEZ pour Cinélatino

Je suis surprise de voir que Los Reyes n’a rien remporté en compétition documentaire, alors qu’il semblait faire l’unanimité autour de lui lorsque l’on en a parlé. Avec mon activité bénévole je n’ai pas forcément eu le temps de voir tous les films que j’aurais voulu, mais cette édition m’a tout de même permis de découvrir Jazmines en Lídice et Las niñas bien qui restent mes deux coups de cœur. Dommage que je n’ai pas pu profiter du Focus Caraïbes car voir de tels films en France est une opportunité rare !

Juliette : Beaucoup d’imprévus cette année m’ont empêchée de profiter pleinement du festival. La programmation est toujours assez politique et sérieuse, ce qui n’a pas aidé ma démotivation (suis-je la seule n’ayant pas envie de voir des gens dans le malheur le plus total alors que je sors du travail ? ). J’en ressors un peu frustrée, mais en retenant au moins trois points positifs : le punch est toujours aussi bon, la cour de La Cinémathèque est très photogénique avec des guirlandes lumineuses, et que je peux co-diriger une interview en anglais. Peut-être à l’année prochaine Cinélatino, et merci pour les opportunités et les rencontres que tu nous permets !



© Hélène Leconte pour Cinélatino

Rédigé par Gracula, Stella, Dolores, Listener & Lilith

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