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Cinespaña - CARNET DE BORD

November 5, 2018
Cinespaña 2018

Le Festival Cinespaña est toujours un évènement à Toulouse. Pour sa 23e édition, il frappe fort en invitant Álex de la Iglesia, LA star du cinéma de genre espagnol. On a hâte de découvrir les sections compétition et découvertes du festival, qui nous avaient laissé d’excellents souvenirs l’an dernier…

Affiche cinespana
Crédit photo © Festival Cinespaña

DIMANCHE

Dolores : J’ai malheureusement raté les premiers jours de festival pour cause de vie sociale intense. C’est donc avec beaucoup de joie que je me dirige vers ma première séance, Lo que dirán, un documentaire sur la place des femmes musulmanes en Espagne. On y suit principalement deux amies dans leurs doutes, leurs questionnements sur la religion et leur peur du rejet de la société. L’une se voile, l’autre pas, et chacune expose son point de vue avec maturité et justesse. Un seul regret pour ce documentaire : la durée ! J’aurais aimé en découvrir plus sur ces deux personnes et continuer à suivre leur cheminement encore longtemps. En dehors de ça, le film est extrêmement bien mené, avec un regard très juste qui évite toute condescendance ou racisme. Ce qui impressionne le plus, c’est la maturité des deux jeunes femmes qui réfléchissent très gravement au sujet de la religion. Elles se questionnent en profondeur et cassent définitivement le cliché de la femme musulmane soumise qui porte le voile de force. Actuel, politique, il serait de bon ton d’en proposer un clone français pour faire bouger les esprits ! Je vous en parle plus en détail dans cet article.

Lo que Dirán
Crédit photo © Site officiel Lo que Dirán

Je devais ensuite compléter ma soirée par Carmen et Lola, présenté en compétition Fiction, mais la salle était déjà complète lorsque je suis arrivée. Je croise d’ailleurs quelques invités entourés de photographes : actrice, réalisatrice ? Je n’en saurais pas plus, mais son immense sourire pétillant donne plus qu’envie de voir le film ! Un week-end qui démarre bien pour Cinespaña donc, et qui me met en joie. Il y a d’ailleurs plusieurs projections auxquelles je n’ai pas pu assister durant la semaine car les séances étaient complètes… Et c’est tant mieux. Des salles combles, c’est la preuve d’un festival qui roule, et c’est tout le mal qu’on peut souhaiter à Cinespaña !

LUNDI

Dolores : Mon lundi s’annonce chargé avec pas moins de trois projections à la clef ! En premier lieu, je me dirige vers la Cinémathèque pour un film en compétition Fiction avec Formentera Lady. Le scénario promet un joli drame entre un grand-père ronchon et frustre et son petit-fils rêveur qui devra apprivoiser le vieil homme. “What you see is what you get” comme diraient nos amis anglo-saxons : peu de surprises dans nos attentes, mais le film est si bon qu’on oublie vite son petit côté classique. José Sacristán est magistral dans le rôle de ce vieil homme blessé par la vie qui a du mal à ouvrir son cœur. Le vieil hippie devient la métaphore d’une génération seventies, bercée par les utopies qui s’est cassé les dents sur la dure réalité de la vie. Le film est doux-amer, mélancolique, mais jamais larmoyant et la fin met du baume au cœur. Gros coup de cœur aussi pour l’esthétique diaphane et rétro qui donne l’impression de regarder de vieilles photos décolorées par le soleil… Le film n’a pas de sortie française annoncée pour le moment, et c’est bien dommage. Je croise les doigts pour qu’un distributeur se penche sur ce film à la douce poésie !

Formentera Lady
Crédit photo © Cineuropa

Direction ensuite l’ABC pour une séance en avant-première de The Bookshop, film qui bénéficiera lui d’une sortie française le 19 décembre 2018. Le film de la réalisatrice Isabel Coixet surprend car il se déroule en Angleterre dans une petite bourgade des années 50. Il conte l’histoire de Florence Green, jouée par Emily Mortimer, une jeune femme qui vient d’acheter une vieille maison pour y créer la première librairie du village. Le film est de facture très classique et manque hélas un poil de personnalité. On a aussi parfois la sensation qu’il passe à côté de son sujet : en axant trop les problématiques de l'héroïne sur les cancans du village, la réalisatrice perd le propos féministe qui est l'intérêt majeur de l’histoire. Florence Green est en effet confrontée à la difficulté pour une femme de créer une affaire seule dans les années 50 mais tout est édulcoré par une méchanceté gratuite des autres personnes du village qui empêche le discours de devenir universel. La solide interprétation d’Emily Mortimer permet au film de rester intéressant, et les magnifiques paysages sauront faire le reste. À réserver cependant aux personnes qui ont déjà un faible pour ce genre de tranches de vie historiques (spoiler alert : comme moi), car le film ne révolutionne le genre en rien.

Affiche de The Bookshop
Crédit photo © Allociné

Enfin, c’est le cœur frétillant et bondissant comme un gardon que je me dirige vers le Gaumont Wilson pour voir sur grand écran un film que j’attends depuis un an et demi : Muse, de Jaume Balagueró, soit l’un de mes réalisateurs favoris. Ce film n’est jamais sorti en France et n’est même pas disponible en DVD, aussi lorsque j’ai vu qu’il était programmé, j’ai lâché ma petite larme à l’idée de pouvoir enfin le découvrir dans d’excellentes conditions. Première déception en arrivant dans salle : pourquoi si peu de monde s’est déplacé pour voir ce film ? Les Toulousains ne savent pas la chance qu’ils ont de pouvoir découvrir un film de Jaume Balagueró au Gaumont. Tant pis pour eux, ils ne savent pas ce qu’ils ratent !

Muse
Crédit photo © Allociné

… Ou pas. Car dès les premières minutes, j’ai compris les Toulousains fuyards et les ai même enviés.. Muse n’est pas une déception, c’est LA déception. Le réalisateur qui nous a offert Darkness, REC et Mientras Duermes propose ici un film d’horreur paresseux sans saveur ni odeur. Il n’est même pas assez raté pour provoquer de la colère ou une bonne tranche de rire. Il est juste totalement insipide et en retard de dix ans sur le genre qu’il aborde. Muse est au film d’horreur ce que les films avec Franck Dubosc sont à la comédie française : loin d’être les pires, mais si génériques qu’on les oublie aussi vite qu’on les a vus. Inutile de vous préciser que Muse est aussi un film d’horreur qui ne fait pas peur une seule seconde. Jaume Balagueró n’essaie même pas. Le scénario pue le film de commande, les personnages semblent posés sur des rails et avancer tout droit dans une histoire construite sur le schéma d’un jeu vidéo (aller d’un point A à un point B grâce à un objet découvert sur la map) et aucun effort n’est fait pour installer une quelconque ambiance.

Cette soirée s’achève donc sur une note bien triste pour moi, et j’espère que le festival me proposera de bonnes surprises pour rattraper cette immense déception qui me fâche avec un réalisateur que je pensais irréprochable jusque-là.

Stella : Premier jour de festival pour moi, c’est ma semaine de rentrée et je n’aurai malheureusement que le temps de découvrir quelques films après les cours. Sur une recommandation de Dolores, je me rends au Cratère pour la séance d’Abracadabra, de Pablo Berger. Je découvre pour la première fois ce cinéma à salle unique à l’ambiance accueillante et confortable. La petite salle de briques et le public, qui semble être constitué d’habitués, me rappelle le cinéma de la petite ville où j’ai grandi. J’ajoute que le Cratère vaut d’autant plus le détour que sa programmation d’art et d’essai passe les films avec un petit décalé des sorties nationales, ce qui est bien pratique pour rattraper ses retards cinéphiliques… Pour ce qui est d’Abracadabra, il détonne et me scotche sur mon siège par son scénario totalement inattendu. Ce qui devait être une satire sociale sur un mari macho devient tout à la fois un film fantastique, un film d’horreur et un drame sentimental, le tout avec un délicieux parfum d’absurdité. À découvrir absolument !

MARDI

Extrait de La mano invisible
Crédit photo © Cinespaña

Dolores : C’est excitée comme une groupie à un concert de Justin Bieber que je me rends ce mardi à 18h dans l’amphi de l’UT1 - Capitole pour assister à la rencontre avec David Macián suite à la projection de La Mano Invisible. Souvenez-vous, je vous en avais parlé l’an dernier dans cet article où je vous avais dit tout le bien que je pensais de ce film “coup de poing” qui met à nu l’absurdité du travail dans le monde capitaliste… Et il faut croire que le thème a enthousiasmé, puisque l’amphi est plein à craquer au point que certaines personnes doivent s'asseoir sur les marches ! Une excellente nouvelle pour le réalisateur qui semble ravi et surpris d’un tel enthousiasme. Et La Mano Invisible, qu’est-ce que ça vaut après un second visionnage alors ? Comme tout chef-d’œuvre qui se respecte, il résiste très bien à l’épreuve. Mieux, il s’enrichit même puisque j’ai porté attention à énormément de détails qui ne m’avaient pas marquée au premier abord (plus de sous-entendus et de subtilité dans les transitions notamment). Dommage, cependant, que les conditions de visionnage n’aient pas été idéales, puisque la salle n’était pas totalement obscure - les rideaux n’occultant pas totalement la lumière - et l’image étant bizarrement étirée, ôtant de sa superbe à un film qui possède pourtant une très belle esthétique. En dehors de ça, l’expérience était parfaite !

David Macián
Photo Rencontre David Macián

C’est donc chargée d’énergie positive que je me dirige vers le cinéma ABC pour la projection de Ana de Día, critiqué dans cet article. J’ai été intriguée par le pitch qui promet un thriller haletant : Ana est une jeune femme qui mène une vie banale rythmée par ses études de droit et son futur mariage et qui se voit un jour remplacée par un double… Et pourtant, le film n’a rien d’un thriller, puisque contre toutes attentes Ana semble bien vivre la situation. Mieux : elle la met à profit pour pouvoir enfin vivre la vie de ses rêves et chercher le bonheur qui lui manque. La séance était suivie d’une rencontre avec Andrea Jaurrieta qui signe avec Ana de Día son premier long métrage. Et quel premier long métrage ! Rares sont les réalisateurs et réalisatrices à pouvoir se vanter, même après plusieurs années de carrière, de proposer des objets cinématographiques aussi originaux, personnels et matures. Ana de Día a sa propre patte, et Andrea Jaurrieta a piqué ma curiosité. J’espère que l’on pourra retrouver ses prochaines productions dans les prochaines éditions de Cinespaña !

Andrea Jaurrieta
Photo de la rencontre avec Andrea Jaurrieta

Stella : J’accompagne Dolores à la projection de l’excellent La Mano Invisible à l'université du Capitole, et nous partageons le même sentiment quant aux conditions de projection du film, qui ne permettent pas de se rendre vraiment compte de la richesse de ses clairs-obscurs. Malgré cela, je salue la démarche de projeter cette œuvre profondément politique à l’université, devant un public étudiant : cela a amené une longue discussion d’après-séance avec le réalisateur David Macián. Il considère d’ailleurs son film avant tout comme une ouverture au débat et à la réflexion. À la sortie de La Mano Invisible, il avait accompagné le film d’un site internet comme manifeste politique, et il tourne depuis deux ans dans différents festivals pour discuter avec le public. Il a même ajouté que parfois il préférait laisser le public en débattre sans lui…

MERCREDI

El Autor
Crédit photo © Allociné

Dolores : Je voudrais remercier les deux personnes qui m’ont recommandé d’aller voir El Autor dans la file d’attente pour Ana de Día. Si vous vous reconnaissez, sachez que j’ai passé un très bon moment en regardant le film ! El Autor est un thriller très classique, mais très bien fait. Il conte l’histoire d’un homme qui a toujours rêvé d’écrire mais qui est incapable de publier un roman. Un jour, sur les conseils de son prof d’écriture (campé par un Antonio de la Torre génialissime), il se met à écrire la vie de ses voisins. Emporté par sa fougue, il débute son roman… Et se permet d’intervenir un peu dans la vie de ses voisins pour rendre son histoire plus palpitante. J’ai quelques regrets sur la fin, qui manque d’impact et de puissance pour moi, mais le reste du film est un délice. Si vous aimez les personnages tordus et les histoires bien glauques, ce film est fait pour vous!  L’histoire n’est pas spécialement surprenante ni révolutionnaire, mais le thriller est bien mené et l’absurdité “à l’espagnole” vient donner de la saveur au tout. À l’heure où j’écris ces lignes, le film est disponible en ligne sur Netflix donc n’hésitez pas à tenter le coup.

JEUDI

Dolores : Je rejoins Stella en retard (comme à mon habitude) pile avant que les lumières ne s’éteignent pour Hasta mañana si Dios quiere, un documentaire sur un couvent de nonnes en Espagne. Pour un documentaire sur la religion, je suis surprise de voir combien elle est finalement peu abordée ! Dieu semble être inscrit au quotidien dans le cœur de ces femmes, au point qu’elles n’ont même plus besoin de le mentionner. On retient avant tout l’amitié sans faille et le peps de ces mémés qui ont toutes un petit grain de folie.  Le film n’est pas sans rappeler Jericó, l’envol des jours pour les personnes qui l’auraient vu à Cinélatino, qui a été critiqué par le comte Gracula. Le documentaire s’axe d’ailleurs autour du centenaire de l’une d’entre elles. Auraient-elles, dans cette joie quotidienne, cette vie simple et douce, trouvé la fontaine de jouvence… ?

Le silence des autres
Crédit photo © Cineuropa

J’abandonne Stella pour ma prochaine séance en me rendant à l’ABC pour une rencontre-débat autour du thème de la Justice Universelle. J’attrape l’une des dernières places avant fermeture du guichet, car encore une fois la séance est complète ! Le documentaire projeté, Le Silence des Autres, sortira en France en février prochain et j’encourage chaudement tout le monde à aller le voir. Et en particulier les gens qui, comme moi, descendent de personnes qui ont connu les crimes du franquisme. Le traumatisme était profondément ancré en mon grand père, et il parlait toujours de la guerre de manière évasive, distante, irréelle. Ce film a permis de mettre une pierre manquante à mon édifice en comprenant de plus près les horreurs qu’il a vécues. Le Silence des Autres fait partie de ces rares films qui suscitent un vrai élan de révolte en sortant de la séance, une envie de faire bouger les choses, de se renseigner. Et je mets au défi quiconque de ne pas être ému par tous les témoignages qui jonchent le film. Mais je vous en parle plus longuement dans cet article… En espérant vous convaincre d’aller le voir lors de sa sortie en France.

Matar a Dios
Crédit photo © Allociné

Les yeux pleins de larmes et encore sous le choc, je cours pour rattraper Stella à notre dernière séance de la journée, Matar a Dios au Cinéma Gaumont Wilson. Je pensais me remonter le moral avec cette comédie horrifique… Raté. Les Espagnols maîtrisent particulièrement bien le tragi-comique, et ce film est l’illustration parfaite de leur maestria dans le domaine. Premier film co-réalisé par Caye Casas et Albert Pintó, Matar a Dios est un film unique en son genre. Comme pour Ana de Día, je suis impressionnée par la maîtrise et la maturité de ce premier long métrage. L’aspect technique est particulièrement brillant, avec une direction artistique magnifique, l’introduction du film étant, par exemple, la plus belle que j’aie vue de toute l’année 2018 ! La séance était suivie d’un échange avec l’un des deux réalisateurs, Caye Casas, qui a confirmé la grande maitrise du film. Nous vous parlons plus en détail de nos impressions sur le film, mais Matar a Dios nous a beaucoup convaincues.

 Caye Casas
Photo rencontre avec Caye Casas

Stella : Je garde une place à Dolores qui me rejoint en retard (comme à son habitude… non parfois elle est à l’heure !) dans la petite salle de la Cinémathèque pour le documentaire Hasta mañana si Dios quiere, d’Ainara Vera. Un de mes coups de cœur de ce festival ! Cette journée passée en compagnie de ces religieuses pleines de malice réchauffe le cœur. L’angle de vue de la cinéaste est assez intéressant : les sœurs se chamaillent et philosophent devant l’objectif comme sur une scène de théâtre, n’hésitant pas à interpeller la caméra et à et la regarder furtivement. J’enchaine ensuite avec un autre documentaire bien différent, Alberto García-Alix : La línea de sombra, qui raconte le parcours d’un des grands photographes espagnols contemporains, ses errances entre Madrid et Paris, le long cauchemar éveillé de la drogue, sa conception de la photographie… Mis en mots par l’artiste lui-même regardant son passé, et illustré de photos et de films qui jalonnent sa carrière, le tout donne vraiment envie d’en savoir plus sur ce génie de l’autoportrait urbain en noir et blanc. Excellente surprise pour clôturer la journée avec la pépite Matar a Dios, comédie noire mais pas que, qui nous fait rire autant qu’elle nous émeut. À l’issue de la projection, l’un des deux réalisateurs, plein d’humour, discute avec le public de la création de ce premier long métrage impressionnant de maturité.

SAMEDI

Dolores : LA rencontre-évènement de ce Cinespaña, c’était bien évidemment la venue d’Álex de la Iglesia et Jorge Guerricaechevarría. Álex de la Iglesia est souvent appelé le Guillermo del Toro du cinéma espagnol et la comparaison n’est pas fortuite : chef de file du cinéma de genre, il a grandement contribué à faire en sorte que le cinéma de genre revienne sur les devants de la scène. Et si aujourd’hui l’Espagne est un des pays comptant le plus d’auteurs œuvrant dans le genre du fantastique, les deux compères y sont pour beaucoup… Assister à une rencontre avec Álex et Jorge, c’est regarder deux amis débattre avec naturel sur des sujets qu’ils maîtrisent à la perfection.

Álex de la Iglesia et Jorge Guerricaechevarría
Álex de la Iglesia et Jorge Guerricaechevarría

Stella : J’avoue n’avoir à ce jour jamais vu un film d’Álex de la Iglesia, et je vais y remédier sans tarder : cet homme a un don pour raconter des histoires d’une manière aussi naturelle que hilarante. Le journaliste pose des questions, Álex et Jorge y répondent, puis Álex digresse, et la rencontre prend des airs de one man show. Pendant une heure et demie, avec nonchalance et une bonne dose de second degré, Álex conte ses films, mais aussi ses galères et ses aventures de la vraie vie avec son ami et collaborateur de toujours Jorge, scénariste. Leurs films ont été nourris de ces expériences : de la voisine sorcière éleveuse de cafards à un Pedro Almodóvar fantôme qui n’est jamais à son bureau quand on a besoin de lui, la vie de ces deux-là ressemble en effet à une comédie absurde et déjantée !

DIMANCHE

Dolores : Je termine mon festival tranquillement en me rendant au Cratère pour voir le second film que j’attendais le plus de tout le festival : Verónica, de Paco Plaza, co-réalisateur de REC. Ce film, comme Muse, n’a hélas pas bénéficié d’une sortie en salles. Et vu la déception que j’ai eue lundi soir, j’avoue que je me méfiais beaucoup de Verónica… BAH PUTAIN DE MERDE ! Excusez ma trivialité, mais POURQUOI ce film n’a pas été distribué en salles ? VOILÀ du VRAI cinéma d’horreur, qui est effrayant MAIS personnel, avec une vraie vision d’auteur ! Verónica se base sur une histoire vraie : le seul cas de toute l’histoire de la police espagnole à être considéré comme du paranormal. Mais contrairement aux Conjuring et autres Amityville qui se contentent de relater les faits, Verónica est un film qui va au-delà en proposant de vrais personnages et en développant une histoire parallèle. Mon copain a dit très justement de ce film qu’il était un mélange “de teen movie et de film d’horreur” et je n’aurais pas dit mieux. Il reprend du teen movie l’aspect quête initiatique, les questionnements des adolescents ainsi que l’ancrage très quotidien de l’univers. De l’horreur, il prend l’angoisse, l’ambiance et le scénario paranormal. La réussite du projet est due avant tout au jeu d’acteur des enfants et de Verónica, qui sont tous d’une justesse incroyable. Il n’y a que très peu d’adultes dans le film, c’est déjà un pari en soit que de proposer une production avec uniquement des enfants ou des adolescents. Le tout est tenu par une ambiance sonore très rétro qui n’est pas sans rappeler le revival initié par It Follows et par une esthétique ultra-léchée qui nous rappelle en permanence que le cinéma d’horreur peut être un terreau fertile quand il est utilisé par de vrais auteurs. Paco Plaza redonne ses lettres de noblesse au genre. Et il faut définitivement compter sur lui dans le renouveau du cinéma de genre. Merci, Paco.

Merci beaucoup au Festival Cinespaña de nous avoir fait vivre de tels moments. Nous espérons pouvoir y retourner l’an prochain, et surtout vous avoir donné envie de découvrir des pépites du cinéma espagnol !

- Dolores & Stella

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