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Grace et Frankie : mature ? vous avez dit mature ?

March 5, 2019
Chroniques
Ambiance.

Grace et Frankie est une merveille de série diffusée depuis 2015 par Netflix et dont la cinquième saison est sortie en février 2019. Elle raconte l’histoire de deux femmes « âgées » que leur époux quittent pour s’épouser, et qui se retrouvent à vivre seules, mais ensemble, perdant un mari mais gagnant une amie, ce qui est presque mieux.




Les amitiés sont essentielles dans la vie. Avoir des personnes à appeler pour célébrer les grandes joies et les petits succès, quelqu’un à voir pour les petites baisses de moral, et surtout un soutien dans les moments les plus durs. G&F m’a rappelé que les plus belles amitiés, les plus profondes, les plus vraies, naissent parfois de ces instants de souffrance. Ces femmes nous montrent aussi que la force d’une amitié ne réside pas seulement dans l’exceptionnel mais aussi dans la constance et le quotidien. C’est traverser un passage piéton très doucement pour aider une amie. C’est faire des fondues ensemble. C’est rester, même quand on aurait très envie de partir. La série n’est pas toute rose et montre aussi une autre partie de la vie de ces personnages : faire face à la mort d’un proche, vieillir (on pense ici à deux épisodes particulièrement émouvants et éprouvants de la série dont on ne vous dévoilera rien ici).

Elles m’ont aussi mis un taquet derrière la tête en montrant qu’on ne connaît pas toujours les gens proches de nous, qui semblent être dans le paysage de notre vie, et qui en deviendront parfois un pilier. Mais elles rappellent aussi que l’amitié n’est jamais acquise, et que comme toute relation humaine elle demande du travail, de l’implication et surtout du temps pour continuer d’exister.


En parlant de relations humaines, G&F met en avant un fait tout bête : l'amour, c’est pas plus simple avec l’âge. C’est pas super rassurant (j’admets que j'espérais un peu l’inverse personnellement), et en même temps ça descend nos aîné·e·s de leur piédestal, parce qu’elleux aussi sont faillibles. Iels sont parfois stupides, parfois colériques, parfois jaloux, iels manquent parfois de confiance en elleux, ont la trouille, se plantent. Et c’est pas grave. D’ailleurs vieillir c’est pas toujours chouette, et c’est la vie. G&F sort des clichés à ce propos, nous rappelant que la barrière des 70 ans ne vous transforme pas en ascètes. Vous pouvez toujours être coquet·te·s, avoir du désir, et vouloir plaire. Et d’autres peuvent vous trouver attirant·te·s, même si ce n’est pas votre cas. Rassurant, non ?


Néanmoins s’il y a une chose avec laquelle on aura du mal à passer à côté, c’est le casting : Jane Fonda, dans le rôle de Grace et Lily Tomlin dans le rôle de Frankie. Et oui, c’est un prétexte pour vous parler de féminisme (on connaît notamment l’engagement de Jane Fonda pour cette cause). Soyons clair·e·s, Grace et Frankie n’est pas une série à proprement parler féministe. Ce n’est pas une série militante (coucou The Handmaid's Tale).  Mais c’est une série qui met en scène un nombre important de femmes - les hommes sont même mis en second plan sur bien des aspects, ce qui n'enlève rien à l'interprétation majestueuse de Martin Sheen et Sam Waterston -, incarnant des personnages aux caractères et aux ambitions extrêmement variés et dont toute la vie ne tourne pas autour du sexe opposé qu’il s’agirait de reconquérir pour s’imposer comme femme. Un petit peu, mais pas uniquement. Autant dire que cela change un peu des tropes habituels. Ainsi, l’une des intrigues principales de la série est le développement d’un nouveau produit dédié au plaisir… féminin du 3ème âge. Et oui, c’est important. Comme il est important de montrer qu’une femme a encore une vie sexuelle à 80 ans (coucou Sam Elliott*), que la vie continue après un divorce quelque soit son âge et sa situation, qu’une « vieille femme » peut aussi être une belle femme, se préoccupant de son apparence ou pas, que les ambitions personnelles et professionnelles sont importantes et que parfois les enfants sont assez grands pour laisser leurs mères partir, elles aussi, faire leur vie.

*du coup, on a pas trouvé la scène sur Youtube, mais il passe quelque chose d'assez croustillant et en même temps, d'assez triste. 

Le Comte Dracula et Doc Aeryn

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