Retour au Programme

Mauvais Genre : Partie 2

November 11, 2018
Chroniques

Si le cinéma peut se vivre comme un plaisir solitaire, il est aussi extrêmement agréable à consommer en bonne compagnie. C’est le propre des buddy movies de réunir devant l’écran.

First Blood Die Hard Commando Cover
Les mâles alphas éditions 80's | Crédit photo © IMDB

C’est véritablement avec les années 80 et l’arrivé des action heros Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger et Bruce Willis que le buddy movie explose. Après avoir incarné l’idéal masculin du « one man army » dans Rambo/First Blood (1983) de Ted Kotcheff, Commando (1985) de Mark L. Lester et Die Hard/Piège de Cristal (1988) de John McTiernan, ils vont former des équipes détonantes avec d’autres actionners (Kurt Russell avec Sly dans Tango et Cash en 1989 réalisé par Andrei Konchalovsky et Albert Magnoli), des acteurs de comédies ou de stand-up (James Belushi avec Schwarzy dans Double Détente en 1988 de Walter Hill, Damon Wayans avec Willis dans Le Dernier Samaritain en 1991 de Tony Scott).

Tango et Cash Screenshot
Une des premières répliques de Stallone dans le film :  "Rambo, c'est un pédé !"  | Screenshots

Les deux premiers narrent une enquête menée par deux flics aussi différents qu’efficaces : Sly s’habille en Armani et porte des lunettes de premier de la classe, tire avec un revolver Smith & Wesson model 36 Chief’s Special tirant du calibre 38, soit un très petit pistolet au canon court alors que Tango est en santiags et jean usé et tire avec un Ruger GP 100  calibre 357 magnum (utilisé couramment pour la chasse à l’éléphant) équipé d’un pointeur laser LS45.

Dans le film de Hill, Schwarzy est un agent de police soviétique qui travaille avec un agent américain lors d’un échange culturel. Le Dernier Samaritain allie un ancien agent des services secrets (les gardes du corps du président des États-Unis) devenu détective privé, alcoolique et en instance de divorce, avec un champion de NFL cocaïnomane dont la fiancée (sublime Halle Berry) vient d’être assassinée alors qu’elle demandait la protection de Willis.

48 Hours Covers
La naissance du buddy movie en tant que style reconnu | Crédit photo © IMDB

On oublie injustement 48h (1982) et sa suite 48h de plus (1990) réalisés par Walter Hill (encore lui !), un excellent artisan du film d’action et techniquement inventeur du buddy movie comme genre à part entière, avec Nick Nolte en flic chargé de protéger Eddie Murphy dans son premier rôle cinéma en truand devant témoigner lors d’un procès en échange d’une réduction de peine. L’alpha et l’oméga du buddy movie reste malgré tout la saga l’Arme Fatale (4 épisodes réalisés par Richard Donner en 1987, 1989, 1992 et 1998 et scénarisés pour les deux premiers volets par Shane Black également scénariste du Dernier Samaritain et réalisateur de l’excellent Kiss Kiss Bang Bang qui annonçait le retour de Robert Downey Jr en 2005) et l’excellent duo Mel Gibson et Danny Glover. Leur duo, devenu un trio avec l’arrivée de Joe Pesci à partir du 2, fonctionne extrêmement bien et la réalisation est spectaculaire. À nouveau une histoire de flics coéquipiers mais différents : Mel Gibson / Martin Riggs étant suicidaire depuis la mort de sa femme et Danny Glover/  Roger Murtaugh étant au bord de la retraite et « too old for this shit ». Le cocktail est jubilatoire et l’alchimie entre les acteurs parfaite.

Lethal Weapon Covers
L'étalon des buddy movie. Tous réalisé par Richard Donner qui réalisera le premier Superman et servira de référence à Nolan pour sa trilogie Dark Knight | Crédit photo © IMDB

Après son âge d’or des années 80/90, le buddy movie perd peu à peu en popularité, la faute à une overdose de productions et des héros vieillissants peinant à convaincre dans les scènes d’action repoussant les limites du too much. Il faut attendre la résurrection de ces idoles avec le jouissif Expandables (réunion des Anciens Acteurs de films d’Action) de et avec Sylvester Stallone pour retrouver le charme de ces années où la virilité n’était pas synonyme de “féminophobie” mais simplement de divertissement.

The Watcher

Du haut de son perchoir, le Watcher observe longuement la foule de divertissement qui s’offre à nos yeux telle l’amante alanguie par l’attente et l’insatisfaction d’un désir insatiable. Certains le traiteront de vieux jeu, de rétro, d’autres de classique voire même d’anachronique. Beaucoup ignorent son existence mais aucun ne peut l’ignorer lui. Son regard flamboyant est au-delà de la perception humaine : le support importe peu, rien ne peut lui échapper. Il suit attentivement l’évolution du cinéma américain actuel sans se laisser obnubiler par l’apparente nouveauté de la technologie. Il a été entraîné par les meilleurs : Chaplin, Hawks, Ford, Huston, Cagney, Bogart, Wayne, Leone, Eastwood, Kubrick, Les vrais frères Scott (Tony et Ridley), Scorsese, Coppola, De Palma, Pacino, De Niro, Stallone, Schwarzenegger, Willis, Mann, Woo, O. Russell, Nolan … La liste est longue et pratiquement interminable. Le savoir est son arme et avec lui, l’escalade est sans fin. Il relie les films, les livres et les jeux dans une toile infinie d’influence et d’inspiration. Dieu seul sait ce qu’il adviendra lorsque tout ceci éclatera. Mais comme a dit de lui un homme une fois, accoudé au comptoir d’un bar d’un Bowling quelconque : The Watcher abides. I don't know about you but I take comfort in that. It's good knowin' he's out there. The Watcher. Takin' 'er easy for all us sinners.

Plus d'articles qui pourraient vous intéresser

Suivez-nous

Thank you! Your submission has been received!

Oops! Something went wrong while submitting the form